Le Conseil va examiner une vidéo générée par l'IA mettant en scène une militante

Le Conseil annonce aujourd’hui qu’il va examiner un nouveau cas. Dans ce cadre, nous invitons individus et organisations à soumettre des commentaires publics en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Sélection des cas

Comme nous ne pouvons pas entendre tous les appels, le Conseil accorde la priorité aux cas susceptibles d’affecter de nombreux utilisateurs à l’échelle internationale, qui revêtent une extrême importance dans le débat public ou qui soulèvent des questions essentielles par rapport aux politiques de Meta.

Le cas que nous annonçons aujourd’hui est le suivant :

Vidéo générée par l'IA mettant en scène une militante

2026-043-FB-UA

Appel d’un rapporteur

Soumettez un commentaire public en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Le Conseil a sélectionné un cas concernant une vidéo générée par l'IA mettant en scène une militante qui y était représentée en train de donner des conseils de santé qu’elle n’avait jamais prodigués. Cette vidéo a été créée après des insultes généralisées sur Internet concernant son apparence lors d'une interview télévisée. Le Conseil a retenu comme cas à examiner un exemple illustrant la manière dont ces agressions se sont manifestées sur les plateformes de Meta, dans une publication Facebook que l’entreprise a laissée en ligne. Ce cas permettra au Conseil d’étudier comment les vidéos générées par l’IA modifient la nature du harcèlement en ligne, leurs répercussions sur les droits des utilisateurs de Meta, ainsi que leurs implications pour la liberté d’expression et la participation des femmes et des jeunes filles, souvent prises pour cibles.

Récemment, une jeune femme a été interviewée pendant le journal télévisé en tant que bénévole pour un groupe militant et s’est exprimée sur l’amélioration de l’éducation à la santé des femmes et la réduction de la stigmatisation liée aux problèmes de santé chez les femmes et les filles issues de minorités ethniques. Les images ont été manipulées numériquement afin de déformer son rôle et son message, l’exposant ainsi à une vague mondiale de commentaires et d’insultes concernant son apparence sur de multiples plateformes de réseaux sociaux.

Le cas retenu par le Conseil est une vidéo générée par l’IA dans laquelle la femme interviewée est montrée hors contexte, en se présentant comme ayant été récemment nommée à un poste officiel dans le domaine de la santé pour son pays. On la voit déclarer qu’elle va montrer au public comment rester en forme, puis elle est représentée en train de pratiquer diverses activités physiques, notamment en salle de sport, et de donner des conseils de santé sur l’alimentation tout en consommant de la malbouffe. En réalité, elle n’a jamais tenu aucun de ces propos lors de l’interview originale, qui ne portait pas sur l’alimentation saine ni sur l’exercice physique, mais abordait d’autres questions de santé. La publication a été vue plus de 5000 fois, a suscité plus de 200 réactions et a reçu plus de 50 commentaires. De nombreux commentaires se moquent de l’apparence de cette femme, notamment de son poids et de son hijab.

Un utilisateur a signalé le contenu pour infraction au Standard de la communauté Intimidation et harcèlement de Meta. Le signalement n’a pas été considéré comme prioritaire pour un examen manuel et le contenu est resté sur la plateforme sans être assorti d'une mention « IA ». L’utilisateur à l'origine du signalement a fait appel de la décision de Meta, mais cet appel n'a pas non plus été considéré comme prioritaire pour un examen manuel. L’utilisateur a alors fait appel de la décision de Meta auprès du Conseil, affirmant dans son appel que la publication utilisait l’IA pour générer l’image d’une femme sans son consentement, fabriquer du contenu trompeur et l’humilier publiquement pour son engagement en faveur de la santé.

Lorsque le Conseil a porté le cas à l’attention de Meta, l’entreprise a conclu que la publication ne répondait pas aux critères permettant de la considérer comme étant en infraction avec le Standard de la communauté Intimidation et harcèlement. Selon Meta, la publication ne contenait pas de « propos dénigrants sur l’apparence physique » à l’encontre de la femme représentée et nommée dans la vidéo qui auraient enfreint cette politique. Meta a en outre expliqué que la juxtaposition d’activités liées à la santé et de la consommation d’aliments malsains pouvait être interprétée comme un commentaire implicite sur l’apparence de la femme représentée, mais que la publication ne contenait pas de déclaration explicite attaquant son apparence physique. Meta a également estimé que la publication n’enfreignait pas son interdiction relative aux « images trafiquées indésirables » ciblant des personnes qui ne sont pas des personnalités publiques. En effet, la femme représentée n’a pas signalé la publication elle-même, ce qui est nécessaire pour qu’un examen en vue de sa suppression soit engagé. Meta a également informé le Conseil que cette règle vise à lutter contre « les manipulations numériques qui modifient l’apparence d’une personne (par exemple, son visage ou son corps) plutôt que la représentation altérée de ce qu’elle est en train de faire ». Selon Meta, l’invention ou la déformation des actions ou du comportement d’une personne ne relève pas de la règle relative aux « images trafiquées indésirables ».

Le Conseil aimerait recevoir des commentaires publics sur ce qui suit :

  • Les sources, la prévalence et l’impact des contenus générés par l’IA qui se moquent de personnes ou les harcèlent, et notamment de ceux qui ciblent les femmes et les jeunes filles participant à des débats publics ou s’engageant en faveur des droits de l’homme alors qu’elles ne sont pas des personnalités publiques.
  • Comment appliquer avec précision les règles contre le harcèlement généré par l’IA, en particulier lorsqu’il vise des personnes qui ne sont pas des personnalités publiques, tout en respectant la liberté d’expression et en évitant une application excessive, pour protéger les commentaires sociaux et politiques légitimes.
  • Les obstacles auxquels se heurtent les femmes et les jeunes filles pour partager ou accéder à des informations sur la santé reproductive sur les réseaux sociaux.
  • La manière dont les choix des entreprises de réseaux sociaux en matière de design peuvent réduire la prévalence du harcèlement de masse et le risque que ce type de contenu devienne viral.
  • Les bonnes pratiques pour les plateformes cherchant à aider les personnes ciblées par des « images trafiquées indésirables », notamment les restrictions imposées par Meta à sa politique concernant la manipulation de l’apparence d’une personne (plutôt que de ce qu’elle fait ou dit) et la pertinence de l’exigence selon laquelle les victimes doivent signaler elles-mêmes les contenus problématiques.

Dans le cadre de ses décisions, le Conseil peut émettre des recommandations sur les politiques de Meta. Bien que ces recommandations ne soient pas contraignantes, Meta doit y répondre dans un délai de 60 jours. Aussi le Conseil encourage-t-il à l’envoi de commentaires publics qui suggèrent des recommandations pertinentes dans ce cas-ci.

Commentaires publics

Si vous ou votre organisation estimez que votre point de vue est opportun et qu’il pourrait aider le Conseil à prendre une décision dans le cas annoncé aujourd’hui, vous pouvez soumettre vos contributions en cliquant sur le bouton ci-dessous. Veuillez noter que les commentaires publics peuvent être envoyés de manière anonyme. La période de commentaire public est ouverte pendant 14 jours et prendra fin le jeudi 2 juillet à 23 h 59, heure normale du Pacifique (PST).

Prochaines étapes

Au cours des prochaines semaines, les membres du Conseil délibéreront sur ce cas. Lorsque le Conseil aura statué sur ces cas, nous publierons sa décision sur la page Décisions.

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