Renversé

Image apparemment générée par l’IA d’un Juif avec le diable

Un utilisateur a fait appel de la décision de Meta de conserver une publication Facebook qui contenait une image créée numériquement et qui représentait un homme juif en train de rire avec le diable.

Type de décision

Résumé

Politiques et sujets

Sujet
AI-generated content, Communautés marginalisées, Origine ou identité ethnique
Norme communautaire
Discours incitant à la haine

Régions/Pays

Emplacement
Australie, Israël

Plate-forme

Plate-forme
Facebook

Les décisions sommaires concernent les cas pour lesquels Meta est revenue sur sa décision initiale après que le Conseil les a portés à l’attention de l’entreprise. Elles contiennent des informations relatives aux erreurs reconnues par Meta. Elles sont approuvées par une partie du Conseil (et pas par l’ensemble de ses membres), n’impliquent pas de commentaires publics et n’ont pas valeur de précédent pour le Conseil. Les décisions sommaires exercent une influence directe sur les décisions de Meta en assurant la transparence quant à ses corrections et en identifiant les domaines dans lesquels Meta pourrait améliorer son application des politiques.

Résumé

Un utilisateur a fait appel de la décision de Meta de conserver une publication Facebook qui contenait une image générée numériquement et qui représentait un Juif en train de rire avec le diable, ainsi qu’une légende qui accusait les Juifs de provoquer les « evil force[s] » (force[s] du mal) et de faire chanter les « politicians, media figures and those in positions of supposed authority » (responsables politiques, personnalités médiatiques et autorités présumées). Après que le Conseil a porté l’appel à l’attention de Meta, l’entreprise est revenue sur sa décision initiale et a supprimé la publication.

À propos du cas

En novembre 2025, un utilisateur de Facebook a publié une image générée numériquement d’un Juif en train de rire avec le diable. L’image représente deux personnages face à face. Sur la gauche se trouve un humanoïde rouge doté de cornes et de dents pointues, ces attributs étant généralement associés aux personnages démoniaques ou maléfiques. Sur la droite se tient un homme âgé et barbu qui porte une kippa, une calotte traditionnellement portée par les hommes juifs, ainsi qu’une veste ornée de l’Étoile de David. Chaque personnage se serre les mains et semble rire. L’image a été partagée avec une légende qui affirme que « There is no evil force on this planet that is not enabled by Jews » (il n’y a aucune force du mal sur cette planète qui n’ait pas été provoquée par les Juifs) et que les Juifs font chanter les responsables politiques, les personnages médiatiques et les autorités. Dans son appel auprès du Conseil, l’utilisateur qui a signalé l’image a expliqué qu’il « s’agissait d’une image générée par l’IA » et que l’auteur de la publication « ne cessait de publier du contenu antisémite ».

Au titre du standard de la communauté sur la conduite haineuse, Meta supprime le contenu qui cible une personne ou un groupe de personnes « du fait de leur(s) caractéristique(s) protégée(s) (sous forme écrite ou visuelle) » avec des « stéréotypes offensants », y compris « les affirmations selon lesquelles les personnes […] juive[s] contrôleraient les institutions financières, politiques ou médiatiques ».

Une fois que le Conseil a porté ce cas à l’attention de Meta, l’entreprise a jugé que le contenu incluait un stéréotype offensant en affirmant que les Juifs font chanter les « politicians, media figures and those in positions of supposed authority » (responsables politiques, personnalités médiatiques et autorités présumées) et qu’ils provoquent toutes les « evil forces » (forces du mal) de la planète. En conséquence, Meta est revenue sur sa décision initiale et a supprimé le contenu de Facebook.

Autorité et champ de compétence du Conseil

Le Conseil jouit de l’autorité nécessaire pour examiner la décision de Meta à la suite d’un appel interjeté par l’utilisateur ayant signalé le contenu qui a été laissé sur la plateforme (article 2, section 1 de la Charte ; article 3, section 1 des Statuts).

Lorsque Meta reconnaît avoir commis une erreur et revient sur sa décision dans un cas soumis à l’examen du Conseil, ce dernier peut décider de ne statuer que sommairement sur ce cas (article 2, section 2.1.3 des Statuts). Le Conseil réexamine la décision initiale afin de mieux comprendre le processus de modération de contenu, de réduire les erreurs et d’accroître l’équité pour les personnes qui utilisent Facebook, Instagram et Threads.

Importance du cas

Le contenu dans ce cas-ci constitue un exemple d’application laxiste de la politique de Meta sur la conduite haineuse et montre que les stéréotypes offensants qui ciblent les Juifs peuvent se présenter aussi bien sous une forme visuelle que textuelle et qu’un tel contenu peut échapper aux sanctions en dépit du fait qu’il enfreint la politique.

Le Conseil a émis des recommandations dont l’objectif est d’aider Meta à mieux appliquer sa politique en matière de conduite haineuse. Dans sa décision Allégations criminelles fondées sur la nationalité, le Conseil a déclaré que Meta devrait « partager [publiquement] les résultats des audits internes réalisés pour évaluer la précision de l’examen manuel et les performances des systèmes automatisés dans le cadre de la mise en application de sa politique en matière de discours haineux [de conduite haineuse, désormais] […] sous une forme qui permet de comparer ces évaluations d’une langue à l’autre et/ou d’une région à l’autre » (recommandation n° 2). Dans sa réponse initiale au Conseil, Meta a indiqué qu’elle préférerait partager ses données sur la précision de ses processus de modération en toute confidentialité avec le Conseil plutôt que de les rendre publiques. Meta a par la suite indiqué que : « Dans le cadre des efforts [de l’entreprise] pour changer la manière dont [elle] applique [ses] politiques afin de réduire les erreurs, [elle] s’appuie davantage sur les signalements d’utilisateurs au lieu de ses systèmes de détection proactive pour de nombreux types de violations, y compris en matière de conduite haineuse » (Rapport S1 2025 [Annexe] de Meta au Conseil de surveillance). Plus récemment, Meta a expliqué qu’elle avait « lancé la version initiale d’un nouveau système d’indicateurs conçu pour mieux évaluer la précision de sa modération et l’efficacité de ses équipes d’examinateurs » (Rapport S2 2025 [Annexe] de Meta au Conseil de surveillance). L’entreprise a indiqué qu’elle « partagerait ses données de performance à mesure de l’amélioration du nouveau système ». Son implémentation est toujours en cours, et les données correspondantes n’ont pas encore été partagées avec le Conseil.

Dans sa décision Publications incluant « From the River to the Sea » (De la rivière à la mer), le Conseil a recommandé à Meta d’appliquer « la recommandation n° 16 du rapport de BSR sur la diligence raisonnable en matière de droits humains concernant l’influence de Meta en Israël et en Palestine, afin de mettre en œuvre un mécanisme de suivi de la prévalence du contenu qui attaque les individus sur la base de caractéristiques protégées spécifiques (par exemple, le contenu antisémite, islamophobe ou homophobe) » (recommandation n° 3). Meta a refusé d’appliquer cette recommandation. L’entreprise a expliqué que, bien qu’elle « continue de chercher à améliorer nos indicateurs de modération (y compris sur la prévalence) », elle « manquait de ressources et de capacités pour effectuer ce travail-là » (Rapport S2 2024 [Annexe] de Meta au Conseil de surveillance).

L’application de la recommandation n° 2 issue de la décision Allégations criminelles fondées sur la nationalité permettrait à Meta de comparer ses données relatives à la précision en fonction des langues et des régions, ce qui l’aiderait à attribuer des ressources en fonction des besoins pour améliorer le degré de précision. En outre, si Meta mobilisait des ressources pour appliquer la recommandation n° 3 de la décision Publications incluant « From the River to the Sea » (De la rivière à la mer), l’entreprise pourrait évaluer efficacement la gravité de la hausse du contenu antisémite, antimusulman, raciste ou haineux sur ses plateformes, et identifier où et quand cette hausse risque d’être la plus grave pour mieux remédier aux erreurs d’application laxiste de sa politique sur la conduite haineuse. Enfin, une mise en application plus expéditive des recommandations du Conseil contribuerait également à lutter contre le laxisme en matière de modération. Le Conseil fait remarquer que, au mois de mai 2026, 73 des recommandations qu’il a émises étaient encore « en cours d’application », tandis que certaines autres attendaient de l’être depuis 2023.

Décision

Le Conseil a annulé la décision initiale de Meta de conserver le contenu. Le Conseil reconnaît que Meta a corrigé son erreur initiale une fois qu’il a porté le cas à son attention.

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