Renversé
Commentaire ciblant une personne en fauteuil roulant
30 avril 2026
Un utilisateur a fait appel de la décision de Meta de conserver un commentaire Instagram qui se moquait d’une personne en fauteuil roulant.
Les décisions sommaires concernent les cas pour lesquels Meta est revenue sur sa décision initiale après que le Conseil les a portés à l’attention de l’entreprise. Elles contiennent des informations relatives aux erreurs reconnues par Meta. Elles sont approuvées par une partie du Conseil (et pas par l’ensemble de ses membres), n’impliquent pas de commentaires publics et n’ont pas valeur de précédent pour le Conseil. Les décisions sommaires exercent une influence directe sur les décisions de Meta en assurant la transparence quant à ses corrections et en identifiant les domaines dans lesquels Meta pourrait améliorer son application des politiques.
Résumé
Un utilisateur a fait appel de la décision de Meta de conserver un commentaire Instagram qui se moquait d’une personne en fauteuil roulant. Après que le Conseil a porté l’appel à l’attention de Meta, l’entreprise est revenue sur sa décision initiale et a supprimé le commentaire.
À propos du cas
Ce cas concerne un commentaire écrit en réponse à une vidéo publiée sur Instagram. En septembre 2025, un utilisateur a publié une vidéo montrant deux personnes, l’une en fauteuil roulant et l’autre pouvant marcher, avec une superposition de texte énumérant quatre avantages de sortir avec une personne en fauteuil roulant. La vidéo semble avoir été réalisée de manière à la fois humoristique et tendre. Le contenu de ce cas est un commentaire publié en réponse à la vidéo : « Et elle ne pourra jamais s’échapper [emoji de salut]. »
Dans sa déclaration au Conseil, l’utilisateur ayant fait appel a indiqué que ce type de commentaires « stigmatise les personnes en situation de handicap et les fait se sentir inférieures ». Cet utilisateur a également signalé que ce commentaire laissait entendre des « menaces d’agression sexuelle ou de viol » liées au manque de mobilité de la personne en fauteuil roulant.
Meta a initialement laissé ce commentaire sur la plateforme. Toutefois, après que le Conseil a porté ce cas à l’attention de Meta, l’entreprise a déterminé qu’il enfreignait ses politiques. Selon sa politique en matière d’intimidation et de harcèlement, l’entreprise n’autorise pas « la célébration d’un décès ou d’une maladie et les propos moqueurs à ce sujet ». L’entreprise a indiqué que le commentaire, selon lequel une personne en fauteuil roulant « ne pourra jamais s’échapper », suggérait qu’elle ne pouvait pas partir en raison d’un manque de mobilité physique. Meta a conclu que ce commentaire se moquait implicitement d’une personne en fauteuil roulant, ce qui enfreint la politique de l’entreprise. Meta a ensuite supprimé le commentaire d’Instagram.
Autorité et champ de compétence du Conseil
Le Conseil jouit de l’autorité nécessaire pour examiner la décision de Meta à la suite d’un appel interjeté par l’utilisateur ayant signalé le contenu qui a été laissé sur la plateforme (article 2, section 1 de la Charte ; article 3, section 1 des Statuts).
Lorsque Meta reconnaît avoir commis une erreur et revient sur sa décision dans un cas soumis à l’examen du Conseil, ce dernier peut décider de ne statuer que sommairement sur ce cas (article 2, section 2.1.3 des Statuts). Le Conseil réexamine la décision initiale afin de mieux comprendre le processus de modération de contenu, de réduire les erreurs et d’accroître l’équité pour les personnes qui utilisent Facebook, Instagram et Threads.
Importance du cas
Le fait que Meta n’ait pas supprimé ce commentaire d’Instagram illustre les difficultés rencontrées par l’entreprise pour mettre en application son Standard de la communauté en matière d’intimidation et de harcèlement. Cela montre qu’une modération inexacte dans ce domaine peut alimenter l’environnement d’exclusion et le traitement déshumanisant que subissent déjà les personnes en fauteuil roulant ou ayant d’autres handicaps physiques, tant en ligne qu’hors ligne, et qui portent atteinte à leurs droits et à leur dignité. Selon une recherche de l’organisation non gouvernementale Scope UK, trois personnes en situation de handicap sur quatre (72 %) ont subi des attitudes ou des comportements négatifs au cours des cinq dernières années en raison de leur handicap (le rapport a été publié en 2022). Neuf personnes en situation de handicap sur dix (87 %) ayant subi des attitudes ou des comportements négatifs en raison de leur handicap ont déclaré que cela avait un effet négatif sur leur vie quotidienne. Selon le rapport, cela va « de simples regards insistants à des accusations plus graves, voire des violences verbales ou physiques. Tout cela contribue à ce que les personnes en situation de handicap se sentent isolées, seules et coupées de la société. »
Le Conseil a déjà souligné l’importance de supprimer les contenus nuisibles se moquant d’une personne en raison de son état de santé dans le cas Image de violence sexiste. Dans cette décision, le Conseil a recommandé qu’« à des fins de précision pour les utilisateurs, Meta doit expliquer que le terme "maladie" utilisé dans son Standard de la communauté en matière d’intimidation et de harcèlement inclut les "blessures physiques graves". Bien que les directives internes expliquent aux modérateurs de contenu que le terme "maladie" inclut les "blessures physiques graves", cette explication n’est pas fournie aux utilisateurs de Meta » (recommandation no 1). La mise en œuvre de cette recommandation est en cours. Meta a indiqué être « en train de revoir son Standard de la communauté en matière d’intimidation et de harcèlement pour y ajouter de nouvelles lignes clarifiant le fait que le terme "maladie" inclut les "blessures physiques graves", conformément aux directives internes » (rapport sur le S1 2025 de Meta [Annexe] sur le Conseil de surveillance).
De plus, dans sa décision sur le cas Débats vidéo sur les identités de genre, le Conseil a recommandé à Meta de « permettre aux utilisateurs de désigner des comptes associés qui seraient en mesure de signaler les infractions potentielles à sa politique en matière d’intimidation et harcèlement en leur nom » (recommandation no 3). La mise en œuvre de cette recommandation est en cours. Meta a signalé que, « compte tenu du fonctionnement à grande échelle de [ses] systèmes d’examen, autoriser des personnes à effectuer des signalements au nom d’une autre est techniquement complexe et pourrait faire l’objet d’abus, mais [l’entreprise étudiera] différentes options et [fera] le point sur ces travaux dans un prochain rapport » (rapport sur le S1 2025 de Meta [Annexe] sur le Conseil de surveillance).
Le Conseil estime que la mise en œuvre la recommandation de clarifier le Standard de la communauté de Meta en matière d’intimidation et de harcèlement permettrait aux utilisateurs de mieux comprendre les façons dont leur contenu peut enfreindre cette politique. La mise en œuvre de la recommandation relative à la désignation de comptes associés, quant à elle, permettrait à l’entreprise de renforcer les sanctions appliquées aux contenus liés à l’intimidation et au harcèlement.
Décision
Le Conseil a annulé la décision initiale de Meta de conserver le contenu. Le Conseil reconnaît que Meta a corrigé son erreur initiale une fois qu’il a porté le cas à son attention.
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